Douleur chronique : pourquoi elle ne disparaît pas avec le repos seul

« J’ai mal même quand je ne fais rien. »

C’est une phrase que j’entends souvent. Quand la douleur est présente au repos, l’idée de bouger peut sembler étrange, voire inquiétante. Pourtant, rester immobile plus longtemps ne suffit pas toujours à la faire disparaître. Mobiliser doucement, lentement, en conscience peut être salvateur.

Après une blessure, une opération ou dans certaines situations médicales, le repos et l’immobilisation peuvent être nécessaires. Leur durée dépend de la problématique et des consignes du professionnel qui vous suit. Une fois cette phase passée, on cherche généralement à retrouver progressivement du mouvement, dans les limites adaptées à chacun.

Une douleur qui persiste ne signale pas toujours une blessure qui persiste

On parle de douleur chronique lorsqu’elle dure ou revient pendant plus de trois mois. Elle peut être liée à une maladie identifiable, ou continuer après la guérison d’une lésion. Elle est réelle dans les deux cas. Le système nerveux peut devenir plus sensible avec le temps : il continue parfois à envoyer un signal d’alarme, y compris au repos. Le sommeil, la fatigue et le contexte de vie peuvent influencer cette sensibilité.

Les fascias : des tissus qui accompagnent le mouvement

Chaque muscle est enveloppé de tissu conjonctif appelé fascia. Les fascias forment aussi des couches qui relient et séparent différentes structures du corps. Entre certaines de ces couches, des substances facilitent leur glissement lorsque nous bougeons. Les fascias contiennent des terminaisons nerveuses et peuvent participer à la perception de la douleur.

L’image d’une machine bien huilée aide à comprendre l’intérêt du mouvement : pour garder de l’aisance, le corps a besoin de solliciter ses tissus. Une immobilisation prolongée peut s’accompagner de raideur et d’un glissement moins facile entre certaines couches. Des travaux évoquent des changements de viscosité et de densité du tissu conjonctif.

Bouger peu, ou toujours de la même manière

Il n’y a pas que l’immobilité complète. Les gestes répétés, les positions tenues longtemps et la réduction progressive de certains mouvements peuvent limiter la variété de ce que le corps fait au quotidien. Une zone douloureuse peut aussi nous amener à bouger avec appréhension et à éviter certaines amplitudes, on parle de compensations. Peu à peu, des gestes ordinaires deviennent moins familiers ou moins confortables.

Retrouver un mouvement de qualité, sans forcer

La mobilisation dont je parle est douce, lente et aussi ample que le corps le permet confortablement à ce moment-là. Elle peut commencer par un petit geste, une amplitude modeste ou un changement de position, avec des pauses. On observe ensuite la réaction du corps pour ajuster. L’objectif est de retrouver progressivement de la fluidité et de la confiance, sans chercher à traverser une douleur intense.

Comme une machine bien huilée qui fonctionne mieux lorsqu’on l’entretient, les fascias ont besoin d’être mobilisés afin de préserver ou de retrouver leur souplesse et leur viscosité. Qualités essentielles à un mouvement de qualité, fluide, ample, indolore.

On peut le vérifier, grâce à une mobilisation douce et lente, on retrouve petit à petit une amplitude plus grande.

Le repos garde sa place. Mais lorsque la douleur dure, le mouvement adapté peut lui aussi faire partie du chemin.

A travers des massages mobilisant les tissus, la fasciathérapie est une technique permettant de préserver ou de récupérer un mouvement de qualité, ample, fluide et sans douleurs.

Jennifer Boehm

Besoin de soulager des douleurs, envie de retrouver votre mobilité?

​​Pour toute question ou demande de rendez-vous, n’hésitez pas à remplir ce formulaire pour me contacter